Le crochet artisanal par Le Chas coureur de jupons

Tu as peut être déjà vu la superbe applique au magasin en crochet avec des formes de têtes de mort? Et bien c’est Oriane du Chas coureur de jupon qui l’a créée, en crochet, de ses mains de fée (gothique). Ses inspirations, son parcours, elle nous dit tout!

crochet artisanal

Je suis rentrée dans la vie de Danett Music lorsque le décorateur du magasin, l’intrépide Jean-Michel Henquinet, a vu les photos de mon rideau aux têtes de mort. Il m’a lancé le défi d’utiliser ce même motif pour un gigantesque lustre. Il avait à disposition une applique de plafond avec d’immenses cerceaux en métal, j’ai donc dû m’adapter à cette « contrainte ».
Quant au temps passé dessus, je répondrais que quand on aime, on ne compte pas ! Des heures, des jours… sans parler du montage, de l’accroche de mon travail avec du fil de pêche, maille par maille!

La déco dans la peau

Je me vois comme une décoratrice d’intérieur. J’ai fait de la couture, mais elle en est restée au stade personnel. Par la suite, je me suis tournée vers le crochet pour confectionner des accessoires de mode (mitaines, bonnets, sacs, châles…).
Par jeu, j’ai un jour réalisé des rideaux pour chez moi avec un motif tête de mort. C’était parti, j’avais chopé le virus de la décoration d’intérieur !

J’ai tricoté dès mon plus jeune âge avec ma grand-mère. Des décennies plus tard, lorsque j’ai voulu me tourner vers le crochet, j’ai repensé à ce qu’elle m’avait toujours répété : «On est doué.e soit pour le tricot soit pour le crochet ». Ce dicton m’avait convaincue, je n’arrivais pas à crocheter.
Jusqu’au jour où la mère de mon homme m’a expliqué le coup à prendre, le geste à choper. Et depuis, c’est dans les livres, les magazines et sur internet que j’apprends des points et grâce à ça que je cherche toujours à innover et à m’améliorer.

C’est un exercice sur moi-même qui est devenu un besoin et un réel plaisir. D’une nature speed et impatiente, vraiment impatiente, j’ai trouvé ce média-là pour canaliser mon énergie et ma fibre artistique. Pendant longtemps, j’ai fait de la danse à un haut niveau, beaucoup de photos et pas mal écrit.
Comme je ne pratiquais plus rien, mon besoin de créer s’est naturellement tourné vers le monde de la décoration d’intérieur. Toutes mes créations sont une approche du slow life que mon arrivée en Bretagne a progressivement développé chez moi, une Parisienne d’adoption.

J’utilise du coton 100 % mercerisé pour sa finesse et sa robustesse. C’est à mon avis ce qui convient le mieux à la décoration d’intérieur. Je me fournissais chez Tricote et Pique à Redon, mais depuis qu’elles ont malheureusement fermé, je commande en ligne sur Rascol, un distributeur français renommé qui offre un large choix.

Aujourd’hui, je me suis spécialisée dans les coussins, les plaids et les lampes d’appoint.
Lorsque je vois un point / motif qui me plaît, je le transforme en tel ou tel objet. Inversement, lorsque j’ai envie de créer un objet spécifique de décoration, le point qui lui correspond me vient tout seul.

En mode slow life

J’ai une passion pour l’ère victorienne qui m’inspire. J’aime à penser que mes créations pourraient sortir d’une vieille malle trouvée au fond d’un grenier, qui seraient poussiéreuses et marquées par le temps. Que ce soit un coussin, une lampe ou un plaid, qu’ils aient un parfum d’antan, d’intérieur cosy et délicat, de brèche espace / temps.

Il y a aussi notre si chère société de l’immédiateté et du fast consuming qui m’a motivée à ralentir, à me tourner vers un mode de vie et de production slow life. C’est la raison pour laquelle crocheter des choses pratiques avec de grosses aiguilles n’est pas du tout mon truc. Les crochets que j’utilise sont entre la taille 1 et 2.5, jamais plus, pour obtenir un rendu très fin, presque fragiles.

Hormis le coton, il m’arrive aussi d’utiliser de la laine vierge et / ou de la soie pour mes accessoires de mode. Je privilégie les matières nobles et naturelles.

La pièce la plus difficile que j’ai faite et le coussin Belle-Époque. Le peacock stitch est tout en suspension, les mailles sont détachées du crochet et j’ai une goutte de sueur quand je les travaille !
La seule difficulté que je rencontre vraiment est mon impatience ! Surtout que je me suis compliquée la tâche avec des créations parfois de haute voltige et de longue haleine !

Cela me plairait beaucoup de travailler avec des hôtels ou des chambres d’hôtes. D’élaborer aussi des ambiances pour des particuliers.

Et la musique ?

J’écoute du goth, du post-punk, du batcave et de la cold wave. J’aime beaucoup aussi Berthe Sylva que j’écoute en boucle par périodes, tout comme Asaf Avidan, Stromae ou encore Nervous Cabaret.

Je ne joue plus maintenant mais j’ai pris des cours de batterie entre l’âge de 5 et 10 ans chez Jean-Paul Allegranti à Nice. J’ai même une cassette vidéo d’un concert pour la fête de la musique qui le prouve !

Vous pouvez retrouver Oriane sur sa page facebook ou son site Internet. Elle a une boutique en ligne mais vous pouvez la contacter pour une commande précise!